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Semaine 22 - Le capitole

D’abord le rêve de Huey P. Long lorsqu’il était gouverneur de l’État de 1928 à 1932, dans les années de la Grande Dépression, le capitole de Bâton Rouge est un gratte-ciel de 34 étages qui ressemble étrangement à l’Empire State Building de New York datant des mêmes années. Le plus haut capitole des États-Unis avec ses 137 mètres (450 pieds) de hauteur, qui a coûté 5 millions de dollars fait aujourd’hui la fierté des nombreux Louisianais que nous y avons rencontrés. L’histoire, la flore et la faune de l’État sont abondamment représentées dans les sculptures extérieures et dans la profusion d’éléments décoratifs du hall d’entrée et des Chambres.

Huey Long a déployé de nombreux efforts, il a même dû utiliser certains astuces pour convaincre le public et la législature que l’ancien capitole de style néogothique (1850), semblable à un château avec ses tourelles n’était plus adéquat et qu’un nouveau capitole avec une structure moderne et efficace contribuerait éventuellement à la croissance et à la richesse de l’État. Vous pouvez voir dans notre album, des photos de l’ancien capitole, de l’ancienne demeure du gouverneur (1930) et de la nouvelle inspirée de la Maison Blanche.

L’histoire de Huey Long est intéressante et d’actualité. En 1934, il créa un programme « Partageons notre richesse » avec comme devise « Chaque homme est un roi ». Cette réforme proposait la redistribution de la richesse afin de lutter contre la pauvreté et le crime d’après la Grande Dépression, en taxant les revenus nets des grandes sociétés et des plus nantis de l’État. Il était un fervent critique du système de la Réserve fédérale. Charismatique et très populaire pour sa réforme sociale et sa volonté de la mettre en application, Long fut accusé par ses adversaires d’avoir des aspirations personnelles et de vouloir contrôler le gouvernement de l’État. Au sommet de sa popularité, il fut assassiné le 8 septembre 1935 au nouveau capitole, trois ans seulement après son inauguration en mars 1932. Il est décédé deux jours plus tard à l’âge de 42 ans. Sur son lit de mort, il demandait à Dieu de le laisser vivre car il lui en restait tellement à faire. Sa dépouille et un magnifique monument surmonté de sa statue font maintenant face au capitole. C’est l’histoire qui déterminera si le capitole qu’il voulait moderne et efficace l’est vraiment et si sa structure particulière défiera le temps…

De style Art déco, les architectes (Weiss, Dreyfrous et Seiferth) ont utilisé le symbolisme dans la conception de tout l’édifice. Au 22e étage, la tour devient un octogone avec quatre immenses figures allégoriques ailées à chaque coin comme des gardiens de la Justice, la Philosophie, les Sciences, et les Arts qu’ils représentent. Quarante-huit marches montent à l’entrée principale, le nom d’un État, selon la date d’entrée dans l’Union, est inscrit sur chacune des marches, ceux de l’Alaska et d’Hawaï ont été ajoutés à la 48e marche. Des pélicans, oiseau emblématique de l’État, décorent le côté des marches et sont utilisés abondamment partout dans l’édifice. Des monuments gigantesques se trouvent de chaque côté des escaliers, Les patriotes d’un côté et Les pionniers de l’autre. La frise sculptée autour de la base de l’édifice illustre différentes pages de l’histoire et des figures, grandeur nature, des personnages qui ont marqué la politique de l’État sont également sculptés sur les murs extérieurs du Sénat et de la Chambre.

Au niveau principal, se trouve un superbe mémorial hall en marbre avec au centre une carte de bronze de la Louisiane entourée des noms de ses 64 paroisses et un éventail des produits de l’État ainsi que le Sénat et la Chambre des représentants. Les deux immenses murales peintes à l’huile sur canevas par Jules Guérin, sont des scènes idéalisées des travailleurs agricoles et de l’abondance du côté du Sénat et des représentations mythiques de la littérature et de la musique du côté de la Chambre des représentants. Les enfants d’une école primaire qui visitaient le capitole en même temps que nous, semblaient intimidés par les nombreux nus présents dans ces deux murales, c’était d’ailleurs une première pour nous depuis le début de notre tournée des capitoles.

Également dans le hall les drapeaux des différentes nations qui ont gouverné la Louisiane -- Castille et Léon (Territoire espagnol 1230-1516), Bourbon de France, Bourbon d’Espagne, l’Angleterre, la France, le drapeau américain avec 15 étoiles, celui de la République de l’ouest de la Floride (qui n’exista que pendant quatre semaines), le drapeau de l’État de la Louisiane et le drapeau américain d’aujourd’hui. Des statues en marbre blanc, deux fois plus grandes que nature, de quatre gouverneurs de l’État dont celle de Bienville, premier gouverneur de l’époque coloniale sont également exposées dans le mémorial hall.

Les panneaux des magnifiques portes de bronze qui ouvrent sur les Chambres ont été soigneusement exécutés par des artisans réputés. Les panneaux des portes de la Chambre représentent des pages de l’histoire de l’État et ceux du Sénat des pages de l’époque coloniale, dont celle du traité de l’achat de la Louisiane en 1803.

Les autres étages abritent différents bureaux du gouvernement et ne faisaient pas partie de la visite guidée. Nous avons pu assister aux débats de la Chambre, non pas des tribunes mais avec les nombreux lobbyistes qui faisaient le va-et-vient de leur chaise aux représentants qu’ils consultaient au sujet des débats en cours. On se sentait en pays latin, il y régnait une atmosphère du tonnerre, avec beaucoup d’humour de la part des représentants, la bonne humeur régnait et les applaudissements étaient nombreux et chaleureux. La session a commencé le 31 mars et doit se terminer au plus tard le 23 juin 2008. Beaucoup de pain sur la planche nous a-t-on dit avec des questions aussi épineuses que l’augmentation de la sentence minimum à 25 ans pour les criminels possédant des armes à feu.

La plate-forme d’observation du 27e étage offre une vue spectaculaire sur le Mississippi qui coule majestueusement vers le Golf, les magnifiques jardins qui entourent le capitole, les casernes, Pentagon barracks, construites (1819) pour accueillir une garnison de l’armée américaine de 1810 à 1885 et l’ancien arsenal (1838), la ville de Bâton Rouge et à distance le campus de l’Université de l’État. Le parc du capitole qui est immense, compte des centaines de chênes séculaires drapés de mousse espagnole ainsi qu’un tumulus sur lequel reposait, il y a plus de 1 000 ans, le temple d’une tribu amérindienne. La présence humaine sur le site remonte à plus de 3 500 ans.

Nous y avons reçu un accueil chaleureux et les dames qui parlaient toutes le « Cadien », nous ont particulièrement bien renseignés sur les endroits à visiter et où acheter les meilleures fraises et écrevisses de la Louisiane. Un merci bien spécial à Myrtis Grotoir pour sa grande générosité.

Certains vous diront que le capitole de Bâton rouge est l’un des plus richement décoré, d’autres, comme nous, diront que la profusion des éléments décoratifs, les couleurs foncées du marbre, le peu d’éclairage naturel et les différents styles de sculpture nuisent à l’appréciation de l’édifice dans son ensemble.

Semaine 22 - Sommaire - Baton Rouge (LA)

« Bienvenu Chez Nous Autres »…. « Ici on est fier de parler français »… Ce sont là les termes affichés dans les centres d’accueil des principales villes de l’État. Nul ne peut nier l’accueil chaleureux des cadiens et le caractère unique du Pays cajun.

Une visite en Louisiane c’est une leçon d’histoire et un retour à nos racines. On y trouve tout ce qui a fait de ce pays le « melting pot américain » -- les influences françaises (créoles), espagnoles, anglaises, américaines, allemandes, amérindiennes et asiatiques, le fleuve Mississippi et toute la signification historique de son importance dans le développement des États-Unis, les explorateurs français, les acadiens, l’esclavage, le coton, la canne à sucre, les droits civiques, l’interdiction du français et sa réhabilitation, le pétrole, l’agriculture, et surtout, la joie de vivre contre vents et marées.

La vie a été particulièrement difficile à certaines époques et est soumise aux sautes d’humeur de Dame nature.

Nous espérons vous faire partager en mots et en photos, certains des bons moments que nous y avons vécus. Laissez les bons temps rouler et vive la Louisiane !

Au plaisir de vous retrouver au Texas la semaine prochaine !



www.agsna.com
agsna2005@gmail.com

Semaine 22 - Album photos

Semaine 22 - Activités touristiques

Bâton Rouge -- La ville tire son nom coloré du bâton de cyprès rouge placé par les Indiens à l’entrée d’une réserve pour délimiter leur territoire de chasse. Pierre Le Moyne, Sieur d’Iberville, lors de son exploration de la région en 1699, y installa un poste afin d’assurer le contrôle sur l’accès au Mississippi. Intégré à l’Union en 1817, ce port situé sur les rives du Mississippi devint la capitale en 1849.

Bâton Rouge est aussi le site de deux universités, dont LSU (Louisiana State University), avec un campus aux nombreuses installations sportives qui accueillaient lors de notre visite, le Championnat national de gymnastique olympique. La plupart des équipes sportives de cette université portent le nom de Tiger, et la mascotte, Mike VI, un tigre né en Indiana, a ses quartiers généraux à proximité du stade comme vous pouvez le constater dans notre album-photos..

Ce fut très agréable de se promener en bordure de la rive qui longe les commerces, les casinos flottants et le parc où des joueurs de tam-tam s’en donnaient à cœur joie en fin d’après-midi. L’ancien capitole à l’architecture bien particulière, l’ancienne demeure du gouverneur inspirée de la Maison Blanche et les principaux musées sont tous situés à proximité et les visiteurs sont bienvenus dans les jardins.

Lafayette et le Pays cajun -- La « capitale de la Louisiane française », où chaque jour est une fête, est connue pour son riche héritage. Les 700 000 Cadiens qui vivent dans le sud de la Louisiane représentent le groupe francophone le plus important aux États-Unis. Toutefois, les Cadiens ne sont pas les seuls français en Louisiane, les Créoles sont des descendants de colons qui s'y établirent au début du 18e siècle. St. Martinville fut surnommé « le Petit Paris » par les aristocrates qui avaient fuit la France durant la Révolution française. Des noirs francophones, Haïtiens ou Antillais, s’étaient aussi installés dans cette région. Il est devenu très difficile de déterminer qui est Cadien et qui ne l’est pas ! Il y a un vieux dicton, dans la documentation que j’ai lue, qui dit qu’il y a trois façons de devenir Cadien : par le sang, par le mariage ou par la porte de derrière…et cette porte semble grandement ouverte !

Le Centre Culturel Acadien Jean Lafitte présente, en plus de nombreuses expositions sur le style de vie des Acadiens, un film émouvant sur l’histoire de leur expulsion de l’Acadie en 1755, pour avoir refusé de faire acte d’allégeance à la couronne britannique. Après de terribles épreuves qui les menèrent dans les colonies britanniques et en Europe, certains réfugiés s’installèrent le long du Mississippi au nord de la Nouvelle-Orléans. D’autres dans les marais, le long du bayou Lafourche et un autre groupe a traversé le bassin Atchafalaya, où ils ont joints les Indiens et les Créoles, descendants des pionniers africains, européens et antillais. Ils imprégnèrent profondément la région des villes actuelles de St. Martinville et Lafayette de leur culture, de leur ardeur à travailler comme à s’amuser et surtout de leur joie de vivre. Le centre présente également un autre excellent film sur le Delta Atchafalaya et ses transformations constantes, avec le témoignage du couple qui a vécu sur la rivière jusqu’à la fin de leurs jours en 1986. Sur le même site, Vermilionville est un musée historique vivant qui recrée la vie rurale entre 1765 et 1890, où nous avons rencontré une dame de Sainte-Foy qui enseigne le français en Louisiane depuis 30 ans. Elle nous a confié que de nombreux efforts étaient faits pour l’enseignement du français et que chaque année, on recrute une centaine de professeurs en France, en Belgique et au Québec. Le village acadien, au sud de Lafayette, est quant à lui une recréation d’une vraie colonie du 19e siècle qui capte l’apparence et les us d’un autre temps et d’un autre lieu.

Nous avons été accueillis comme des rois au centre culturel acadien et avons promis à nos hôtes de non seulement afficher leur photo sur notre site mais aussi de leur écrire un message en anglais. Vous remarquerez sur la photo, le collier et le bracelet Mardi gras que Ruth personnalise pour les visiteuses, qui comme elle se plaît à le dire… ont le goût de se sentir comme si elles avaient encore 16 ans…

To Ruth and Karl

A special thank to both of you for the warm welcome we witnessed at the Acadian Cultural Center last week. Hope you like the photograph as much as I like the personalized New Orleans beads you gave me. Our visit was one of the highlights of the wonderful time we had in Louisiana. We wish you all the best and long life to Jean Lafitte National Historical Park. You guys definitely know how to Laissez les bons temps rouler ! We’ve even seen on one of the highway’s billboards in Cajun Country… Laissez the economy rouler, which we particularly enjoyed having to strive with skyrocketing prices of gas as our journey unfolds.

Nous avons repris la route I-90 vers St. Martinville où se dresse la pittoresque église St. Martin of Tours et son presbytère (1765). C’est derrière cette église que repose Évangéline (Emmeline Labiche) et c'est un peu plus loin, près du bayou, à l’ombre d’un chêne imposant (Evangeline Oak), que se seraient retrouvés les deux amants qui inspirèrent le poème de Longfellow. Le petit parc est charmant et l’histoire est si belle qu’on peut imaginer les amants sous le chêne. Un buste du poète s’y trouve également, a-t-il inventé l’histoire ou a-t-il été inspiré par un couple dont il avait entendu parlé ? On se le demande encore, quoiqu’il en soit son poème a su redonner de façon certaine, la fierté acadienne à tous ceux qu’on avait forcé à l’exil.

Après une trop courte visite à New Iberia, la ville reine du Bayou Teche, avec son quartier de maisons historiques, ses champs de cannes à sucre, son manoir, son église et le magasin de la rizerie Konriko, la plus ancienne du pays, nous somme revenus vers Lafayette en passant par des petites routes qui laissaient voir une belle campagne verdoyante. L’Île Avery près de New Iberia abrite l’usine de sauce aux piments Tabasco ainsi qu’un parc de jungle luxuriante où nichent des milliers d’aigrettes blanches. C’est aux sons de l’orchestre The Robbie Bush Band, au Parc international de Lafayette, que nous avons mangé une étouffée d’écrevisses qu’on vendait sur place, avant de rentrer pour la nuit.

Les plantations et La Nouvelle-Orléans -- Le coton, l’indigo, le riz, et surtout, la canne à sucre poussaient facilement dans le sol fertile du lit du Mississippi. Ces cultures permirent à nombre de planteurs de s’enrichir et de vivre dans de grands domaines, avec de somptueuses demeures qui formaient le cœur de la plupart des plantations et qui étaient construites par les esclaves.

De nombreuses plantations sont ouvertes au public, nous en avions déjà visité quelques-unes. Cette fois-ci c’est la magnifique plantation créole Laura où nous nous sommes d’abord arrêtés en route vers La Nouvelle-Orléans. Gérée par des femmes des familles Duparc, (un commerçant de fourrures de Montréal) et Locoul (fabricant de vins de la région de Bordeaux) pendant 84 ans, le site qui fait face au fleuve est superbe et bien conservé avec douze bâtiments annexes, dont les cabanes d’esclaves d’origine, un potager et de magnifiques jardins. On y apprend l’histoire des familles avec les bons comme les moments difficiles de la vie, les techniques antillaises de construction qui permettaient aux résidents de mieux affronter le climat chaud et humide de la région. On y apprend aussi qu’après le traité d’achat de la Louisiane, le style néo-grec devint plus prisé que le style créole pour les demeures des planteurs. On parle, toutefois, peu de la vie difficile des esclaves qui travaillaient jusqu’à la tombée de la nuit particulièrement durant la récolte du coton. Nous avons pique-niqué dans les jardins de San Francisco Plantation sur l’autre rive du fleuve avant de se diriger vers La Nouvelle-Orléans. Durant notre séjour, nous avons aussi visité Magnolia Mound à Bâton Rouge et plus au nord, les plantations de Rosedown, Myrtles et Butler Greenwood à St. Francisville. Elles ont toutes leurs particularités, c’est une question de choix, le choix est impressionnant et les journées trop courtes.

La Nouvelle-Orléans -- Nous sommes arrivés dans le Vieux Carré en plein French Quarter Festival qui se déroule chaque année pendant trois jours à la mi-avril. Il y en avait pour tous les goûts comme vous pouvez le voir dans notre album. Après avoir écouté quelques groupes à Jackson Square, les musiciens et amuseurs de la rue Decatur près du Café du Monde, nous avons carrément été entraînés dans le tourbillon d’une foule en délire -- les cortèges de trois différents mariages, les musiciens du New Orleans Brass Band, les calèches des nouveaux mariés, les centaines de motocyclettes et les motards rue St. Peter, la musique qui fusait de toutes les portes des rues Royale et Bourbon. Pour terminer notre journée en beauté, nous nous sommes retrouvés dans les jardins d’un hôtel particulier de la rue Bourbon, invités par un couple de l’Iowa qui vient, depuis les douze dernières années, vivre au rythme du plus beau festival de la Louisiane selon eux.

Charmante fin de soirée dans cette superbe ville qui renaît de ses cendres après Katrina. Nous avons trouvé la ville bien différente de celle que nous avions connue en 2006. Toutefois, il ne faut pas oublier que 21 000 maisons mobiles de la FEMA sont utilisées par des gens qui n’ont pas encore pu se reloger.

Le French Quarter Festival sera suivi du Festival International de Louisiane à Lafayette du 23 au 27 avril et du New Orleans Jazz & Heritage Festival du 22 avril au 4 mai prochain.

Le spectacle Ode à l’Acadie, Nouveau-Brunswick, sera présenté au Festival de la Fayette et les artistes canadiens invités cette année sont Joaquin Diaz, Alain François, Les Breastfeeders et Benwela du Québec et The Duhks du Manitoba.

Il faut voir La Nouvelle-Orléans et la Louisiane au moins une fois dans sa vie pour comprendre la vrai signification de Laissez les bons temps rouler. Nous vous le souhaitons à tous et à toutes !

Semaine 22 - La campagne nationale

Ce qui a caractérisé la semaine, je crois, c’est cette rencontre télévisée que les candidats à l’investiture démocrate ont eue, séparément, sur le thème de la foi et de la compassion. C’était une première pour nous dans le cadre d’une campagne électorale.

Les candidats ont exprimé leurs vues sur la présence de Dieu dans leur vie, leur rapport à la bible ainsi que les sujets controversés de l’avortement, de l’abstinence en matière de relations sexuelles et des droits humains dans le contexte de la foi.

Des discussions civilisées à l’honneur des candidats qui furent soumis à des questions très difficiles et donnèrent des réponses nuancées et empreintes d’une sincérité qui fait souvent défaut dans d’autres circonstances. Mme Clinton appartient à l’Église méthodiste alors que M. Obama est membre de « Trinity United Church of Christ ».

Les deux candidats sont de la même tendance en ce qui concerne l’avortement (légal, sécuritaire et limité). C’est aux personnes concernées que revient la décision mais elles doivent avoir recours à toute l’assistance disponible avant de prendre leur décision.

De toute évidence, la religion a sa place dans la vie de chacun et parions qu’ils étaient tout de même soulagés que l’exercice prenne fin.

Dès le lendemain, la course reprenait de plus belle en vue des primaires de mardi, le 22 avril, en Pennsylvanie. Ces primaires sont d’une importance capitale pour Mme Clinton. On pourra en évaluer les conséquences à notre prochaine mise à jour.

Semaine 22 - L'État de la Louisiane - Histoire

La Louisiane n’échappe pas à la séquence de la présence et de l’exploration humaine que nous avons constatées dans les États que nous avons visités depuis notre passage au Mississippi.

Des Amérindiens y habitaient depuis des siècles et pas moins d’une vingtaine de tribus (p. ex : Bayougoula, Houma, Okelousa, Avoyel et Caddo) s’y trouvaient lorsque les premiers européens (Espagnols) sont arrivés. Les Espagnols se sont peu intéressés à ce territoire lors de leur passage au 16e siècle. Ce sont les Français qui ont véritablement été les premiers à explorer et développer cette région.

Le Sieur de La Salle, en 1682, prit possession du territoire au nom de Louis XIV. Il avait descendu le Mississippi sur toute sa longueur pour se rendre à son embouchure. Nous avons montré l’immense étendue de ce territoire dans d’autres reportages. C’était une colonie française qui remontait jusqu’aux frontières du Canada d’aujourd’hui.

La première communauté fut fondée par Pierre Le Moyne d’Iberville à l’endroit de ce qui est « Ocean Springs, Mississippi ». C’est en 1699 que l’on commença à remonter le Mississippi par le Golf du Mexique. Ce sont les Compagnies de l’Ouest et des Indes qui ont surtout contribué à y amener des colons et la population augmenta rapidement au début du 18e siècle. Cette dernière était composée d’Amérindiens, de Français, d’Allemands et d’esclaves en provenance du Sénégal. La religion catholique était omniprésente. Les Anglais de la Côte Est ne s’intéressaient pas encore à ce territoire.

C’est à l’occasion du Traité de Fontainebleau (1762) que la France céda le territoire à l’Espagne. Les colons mirent tout près de deux ans avant d’être informés de ce changement.

En 1763, la France céda aux Anglais, à l’occasion du Traité de Paix de Paris, le territoire à l’est du Mississippi que ces derniers appelèrent « Louisiana Territory ». Les Français se frotteront aux Espagnols dans le cours des prochaines années faisant varier les frontières du territoire pour des périodes plus ou moins longues.

En 1800, la France reprit possession de la Louisiane par la signature du Traité de Ildefonso suite aux difficultés économiques de la colonie d’une part et à la menace des Américains d’autre part. Cependant, la France ne reprendra le contrôle de la colonie qu’en 1803, juste avant la vente du territoire aux États-Unis d’Amérique.

En ce qui concerne cette vente, il y a lieu de s’y attarder quelque peu. La carte que vous pouvez consulter en cliquant sur le lien suivant : (http://en.wikipedia.org/wiki/Image:National-atlas-1970-1810-loupurchase.png) montre l’étendue du territoire dont il était question. Dans les faits, l’achat a eu pour effet de doubler la superficie des États-Unis. C’est Thomas Jefferson qui est l’architecte de cette transaction. Il tenait à acheter la ville de La Nouvelle-Orléans car il craignait que les Français et les Espagnols bloquent l’accès au Mississippi sur le Golf du Mexique. Le contentieux entre la France et l’Angleterre joua un rôle déterminant dans la résolution de cette transaction. Napoléon aurait même déclaré que ce projet aurait pour effet de faire des États-Unis une puissance avec laquelle l’Angleterre aurait à composer et qui éventuellement porterait atteinte à la domination de cette dernière. Les émissaires (négociateurs) de Jefferson avaient pour mandat de n’acheter que la ville de La Nouvelle-Orléans. Ils avaient l’autorité de dépenser jusqu’à 10 millions de $. Ils se virent offrir tout le territoire pour la somme de 15 millions de $, ils acceptèrent cette proposition, convaincus qu’ils étaient que le gouvernement accepterait cette entente. Aussitôt l’achat confirmé, les États-Unis divisèrent le territoire en deux parties (le Territoire Orléans (la Louisiane de nos jours) et le District de Louisiane). Ce grand territoire de la Louisiane était occupé par les Amérindiens et fut acheté de ces derniers par la suite, morceau par morceau, faisant en sorte que le Territoire a coûté plus cher que les 15 millions de $ convenus avec la France. Le paiement a été fait en lingots d’or de la réserve américaine et en bons du trésor financés par un consortium de banques anglaises. Comme la France et l’Angleterre s’apprêtaient à entrer en guerre, la France insista pour être payée en argent comptant ce qui entraîna des frais supplémentaires. La France avait des dettes à l’endroit des États-Unis et tout compte fait, elle ne reçut que 8,8 millions de $ pour la transaction. Le traité d’achat a été signé le 30 avril 1803, le Président Jefferson l’a annoncé aux Américains le 4 juillet de la même année et les cérémonies de passation eurent lieu à St. Louis, le 10 mars 1804.

À cette époque, la Louisiane produisait du coton et de la canne à sucre, pratiquait la pêche commerciale, les esclaves représentaient 50 % de la population et le Mississippi était de plus en plus l’artère fluviale essentielle à l’essor et l’expansion des États-Unis.

La Louisiane, 18e État, se joignit à l’Union en 1812. La tradition du Mardi gras fut implantée en 1838. Bâton Rouge devint la capitale, après La Nouvelle-Orléans en 1850, non sans que le nouveau capitole ne soit la source de controverses concernant son architecture (voir photos). C’est en 1935 qu’un nouveau capitole fut construit pour accommoder les services gouvernementaux.

La Louisiane opta pour la sécession en 1861 et se déclara nation indépendante pendant deux mois jusqu’à ce qu’elle joignit les États confédérés. Elle connut peu de batailles durant la guerre de Sécession mais La Nouvelle-Orléans fut prise et le port d’Hudson fut l’objet du plus long siège de l’histoire militaire du pays.

C’est en Louisiane que la « Reconstruction » fut la plus longue. L’occupation militaire se termina en 1877 seulement.

Les premiers puits de pétrole commencèrent à produire en 1901 et contribuèrent à l’augmentation de la richesse de l’État.

La population de la Louisiane est d’environ 4,5 millions d’habitants. Les cajuns, descendants des déportés de l’Acadie et les créoles français se trouvent principalement dans le sud de l’État. Les créoles sont divisés en deux groupes, les créoles francophones blancs et les Créoles noirs ou créoles de couleur. Les créoles blancs sont principalement d’origines française et espagnole mais aussi italienne, irlandaise et allemande. Les créoles de couleur tirent leurs origines d’Afrique, de France, d’Espagne et des indiens d’Amérique.

Les autres composantes de la population sont les Afro-américains (deuxième plus grande concentration aux États-Unis) et les Caucasiens qui occupent le nord de l’État (Angleterre, Pays de Galles, Irlande et Allemagne).

L’héritage catholique et français marque l’organisation du gouvernement. Les comtés sont remplacés par les paroisses et le code civil s’inspire de celui de la France, de l’Allemagne et de l’Espagne.

On ne peut terminer sans se rappeler que l’État est situé dans une zone de tempêtes tropicales qui peuvent être dévastatrices, tel que l’a démontré l’ouragan Katrina en 2005.

Semaine 22 - Nouvelles - Sondage

- Le niveau du fleuve Mississippi inquiète -- Le Corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis estime que malgré la crue des eaux du fleuve Mississippi, il n’y a pas de danger que le fleuve déborde les digues ou que celles-ci soient endommagées. Le niveau de l’eau est à son plus haut depuis les dix dernières années. La surveillance a été augmentée à sept jours par semaine et 24 heures par jour pour gérer toute augmentation surprise du niveau de l’eau. Malgré tout, on tient la population en alerte et des dizaines de milliers de sacs de sable sont mis à la disposition des riverains. Le Corps peut ouvrir des canaux de déviation pour diminuer la pression sur les digues. Il n’a pas eu recours à ce mécanisme depuis 1997.

- La guerre cybernétique doit pouvoir passer à l’attaque -- Les militaires américains ne disposent pas seulement d’armes lourdes, ils développent et utilisent aussi des armes cybernétiques. En effet, on apprenait récemment, dans une conférence à New York, que lors du début de la guerre d’Irak, les États-Unis avaient réussi à brouiller électroniquement les systèmes de communication irakiens, ce qui empêchait les troupes au sol de communiquer entre elles. On prévoit que d’ici la fin de l’année, l’Aviation militaire aura son poste de commande pour participer à une guerre qui ne sera pas seulement menée dans les airs, en mer et sur le terrain mais bel et bien aussi dans l’espace cybernétique. La protection et la destruction des sites Internet militaires deviennent ainsi une dimension nouvelle des guerres du futur. Les Chinois sont, d’ailleurs soupçonnés d’avoir tenté d’utiliser l’Internet pour pénétrer dans les systèmes d’ordinateurs de la Défense nationale et d’autres agences gouvernementales américaines. Les pirates chinois voulaient, de cette façon, s’en prendre à l’impérialisme américain et japonais. La guerre finit toujours par occuper tous les aspects de l’activité humaine.

- L’abolition du port obligatoire du casque protecteur pour les motocyclistes -- Il y a de ces dossiers qui rebondissent régulièrement devant les législatures. Le casque protecteur obligatoire pour les motocyclistes est un de ceux là. La Louisiane n’y échappe pas. Un nouveau projet de loi propose que le port du casque protecteur soit facultatif pour les personnes âgées de plus de 21 ans. La loi actuelle, en place depuis 1999, a clairement diminué le nombre de mortalité malgré l’augmentation du nombre de motocyclistes. Les opposants s’en remettent à la liberté de choix pour justifier leur demande d’abrogation de la loi actuelle. Le nouveau gouverneur, de qui on nous a dit beaucoup de bien, soutien la proposition d’abrogation. Seulement 20 des 50 États obligent le port d’un casque protecteur pour tous les utilisateurs d’une motocyclette, 27 autres l’exigent pour les motocyclistes de moins de 18 ans et trois États n’ont pas de réglementation à cet égard. Que les motocyclistes touristes se le tiennent pour dit !

- Importante réorganisation de l’Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans -- L’Archevêque de l’archidiocèse vient d’annoncer une restructuration importante des paroisses sous sa juridiction. C’est à la suite des effets permanents de l’ouragan Katrina qu’il est forcé de procéder à cette réorganisation. La tempête a causé des dommages sévères à 17 églises des paroisses de La Nouvelle-Orléans, St. Bernard et Plaquemines. Il annonce du même coup la fusion, la fermeture, la réduction des services et le partage des prêtres qui dépassent largement la zone affectée par la tempête et touchent les paroisses d’Algiers, West Jefferson, Metairie, Kenner et Luling. Le nombre de paroisses passera de 141 à 108 dans l’archidiocèse et 20 églises seront définitivement fermées. Le plan épargne les écoles paroissiales pour le moment. On voudrait utiliser les bâtiments libérés pour offrir d’autres services à la population, les louer à des organismes communautaires ou éventuellement les mettre en vente. La tempête a causé pour 120 millions de $ de dommages non assurés. Le nombre de prêtres étant toujours en diminution, il est passé de 545 à 334 de 1980 à 2008, le jumelage de paroisses est devenu incontournable. Les mesures ne font pas l’unanimité parmi les paroissiens et certains se promettent d’en appeler de certaines décisions de l’Archevêque. À l’occasion de la visite du Pape en sol américain, c’est un dossier qui nous est apparu d’actualité.

- Sondage AGSNA

o Nous discutons couramment de politique avec les gens que nous rencontrons au hasard de nos déplacements. Nous cumulons les résultats de nos sondages informels. Il sera intéressant de suivre les tendances de ces mini-sondages et de les comparer à ceux des experts, peut-être même de faire nos prévisions sur le parti qui sera éventuellement porté au pouvoir en novembre prochain.

RÉPUBLICAINS : 46 %
DÉMOCRATES : 47 %
AUTRES : 7 %

Semaine 22 - Journaux consultés

The Advocate, Baton Rouge (LA), le lundi 7 avril 2008
The Advocate, Baton Rouge (LA), le mardi 8 avril 2008
The Advocate, Baton Rouge (LA), le mercredi 9 avril 2008
The Times – Picayune, New Orleans (LA), le jeudi 10 avril 2008
The Times Tribune, Southern Waller County (LA), le jeudi 10 avril 2008
The Advocate, Baton Rouge (LA), le vendredi 11 avril 2008
The Advocate, Baton Rouge (LA), le dimanche 13 avril 2008

Semaine 22 - Liens consultés

http://www.legis.state.la.us/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ole
http://www.gov.state.la.us/
http://en.wikipedia.org/wiki/Louisiana_Purchase
http://www.geocities.com/~colony/colony.html
http://enlou.com/elindex.htm
http://www.republiquelibre.org/cousture/DEPORT.HTM
http://enlou.com/time/timelineindex.htm
http://www.lsusports.net/
http://www.mikethetiger.com/index.php?display=mike6_history