Semaine 49 - L'État du Rhode Island - Histoire

Les premiers peuples primitifs du Rhode Island arrivèrent d'Asie il y a pas moins de 8 000 ans. Christophe Colomb leur donna le nom d'Indiens parce qu’il se croyait arrivé en Inde.


C'est à l'explorateur et navigateur italien Giovanni Verrazzano que revient l'honneur d'avoir été le premier Européen à visiter le Rhode Island en 1524.  Ce sont d’abord les îles de la côte qui ont été découvertes.  Verrazanno raconte qu'il a découvert une île en forme de triangle qui avait la dimension de l'Ile de Rhodes en Grèce, à peu de distance de la côte, et l’ appela ''Louise'', le nom de la Reine Mère de la France à cette époque.  Il s’agit de Block Island d'aujourd'hui.  Les premiers colons crurent que Verrazzano avait plutôt découvert l'Ile Aquidneck, l’île où est située Newport et lui donnèrent le nom de Rhode Island ce qui fait qu'indirectement, c'est l'explorateur italien qui a donné le nom de l'État au Rhode Island.


Il s'écoulera 90 ans (1614) avant que de nouveaux visiteurs accostent dans la région.  John Smith, de Virginie, explora la côte et cartographia ce qu'il appela la Nouvelle-Angleterre.  Le marin Hollandais, Adiaen Block, en route vers le fleuve Hudson, visita Block Island à qui il donna son nom.  


Dans les années 1620, des visiteurs des colonies de Plymouth et de la Baie de Massachusetts, se sont aventurés dans la baie de Narragansett pour faire la traite avec les Indiens.  Le premier colon blanc à s'y installer fut l'excentrique pasteur anglican, William Blackstone, qui construisit sa maison près de Lonsdale sur les rives de la rivière qui porte aujourd'hui son nom.  


Le Rhode Island était alors principalement habité par une tribu Algonquienne, les Narragansetts.  D'autres tribus algonquiennes plus ou moins amis des Narragansetts partageaient le territoire, dont les Wampanoags, leurs principaux rivaux.  La tribu la plus guerrière de la région était les Pequots dont on vous reparlera lorsqu’il sera question du Connecticut.


L'ère coloniale pris son envol dans les années 1630 alors que des dissidents des colonies existantes décidèrent d'aller s’établir au Rhode Island à la recherche d’une plus grande liberté religieuse.  C’est ainsi que virent le jour, Providence (1636), Portsmouth (1638), Newport (1639), Wickford (1637), Pawtuxet (1638) et Warwick (1642).  Les territoires occupés appartenaient aux Indiens et les colonies environnantes commencèrent à les convoiter.  Face à cette menace, Roger Williams se rendit à Londres (1643-44) pour obtenir des chartres qui unirent les quatre premiers établissements en une seule colonie et garantissaient les droits de propriétés des colons établis sur ces terres.  C'est le document qui servit de loi de base jusqu'à ce que la Stuart Restoration de 1660 et démontre l'importance des chartes royales.


La liberté de religion qui régnait au début du Rhode Island attira plusieurs groupes religieux, dont la première église Baptiste d'Amérique, les Quakers, une congrégation de juifs et les français Huguenots qui s'y établirent avant la fin du 17e siècle.


Les années 1670 seront marquées par une détérioration des relations avec les Indiens et un conflit important qui a presque éliminé les Pequots, alors que les Narragansetts s'éloignèrent des colons blancs.  Des problèmes de culture, d'occupation du territoire par les blancs et une série d'incidents entre les Wampanoag et le gouvernement de la Colonie de Plymouth se termina par un terrible conflit colonial qu'on appela la guerre King Philip (1675-76).  La fin du conflit sera marquée par la mise à feu de Providence et un peu plus tard, par la mort de King Phillip.  Les Indiens affaiblis se regrouperont finalement pour former qu’une seule tribu, celle des Narragansett.  


Deux autres événements marqueront la fin du 17e siècle. La tentative avortée de la création du Dominion de la Nouvelle-Angleterre (1686-89) et les guerres coloniales entre la France et l'Angleterre (1689-1763) au cours desquelles le Rhode Island dû fournir argent, navires et soldats.  À la fin du siècle, Newport était la ville dominante du Rhode Island.  L'esclavage (noirs et indiens) fit son apparition dans les fermes vers 1652.


Le premier quart du 18e siècle fut marqué par de bonnes relations avec le gouvernement de Londres. Jusqu'aux années 1750-60 le Rhode Island connu une période de relative croissance malgré une dispute frontalière avec le Connecticut et un règlement qui lui fut favorable dans l'annexion de Cumberland et plusieurs villages de la partie est de la Baie.  À la fin de la période coloniale en 1775, le Rhode Island commerçait avec toute la Côte Atlantique, l'Angleterre, le Portugal, l'Afrique, l'Amérique du Sud, les Antilles britanniques et plusieurs colonies de la métropole.  


Dès 1760, suite aux actes de navigation (Navigation Acts) et à l'imposition de contrôles administratifs par la Mère Patrie qui menaçaient la prospérité et l'indépendance de la colonie, le Rhode Island devint un chef de file dans la résistance à ces mesures et prit les premières initiatives qui menèrent à la révolution et à l'indépendance.  


Le Rhode Island avait le plus à perdre lorsque la période de la révolution débuta (1763 à la fin du siècle).  Il gouvernaitt avec une grande liberté, contournait allègrement les actes de nagivation (Navigation Acts) et tolérait la contrebande à grande échelle.  Il a donc été à la tête de plusieurs initiatives qui ont mené à l'Indépendance : le premier à demander une réunion des colonies pour résister aux Anglais ; le premier à désigner des délégués au premier Congrès continental, le 4 mai 1776 ; le premier à renoncer à son allégeance au roi Georges III.  Il ratifia la Déclaration d’Indépendance, le 18 juillet 1776.   En 1780, les Français débarquèrent au Rhode Island et c'est de là qu'ils mèneront leurs attaques sur Yorktown en 1781.  La participation des Français fit en sorte qu’en 1783, le Rhode Island modifia sa législation pour donner aux catholiques de la colonie les mêmes privilèges qu'aux protestants.  Entre 1780 et 1790 plusieurs mesures furent adoptées pour éliminer l'esclavage et le trafic des esclaves.  Le Rhode Island s'est toujours méfié d'un gouvernement central ayant trop de pouvoir et financé par des taxes importantes sur la propriété.  Le Rhode Island fut la dernière colonie à ratifier la Constitution américaine, le 29 mai 1790.  Un petit territoire qui a su tenir à ses principes et forcer des changements à la Constitution.


La première moitié du 19e siècle sera surtout marquée par des changements dans le firmament politique (fédéralistes, démocrates, républicains, républicains nationaux), la construction d'infrastructures de transport majeures (voies ferroviaires et canaux), l'instauration de l'éducation gratuite, l'arrivée massive d'immigrants non anglophones, le développement de l'industrie du textile et le passage d'une industrie agraire à une économie industrielle qui entraîna une crise constitutionnelle.


Providence se démarqua et devint de plus en plus le centre politique, économique et culturel de l'État.  De 1840 à 1843, des réformateurs décidèrent d'ignorer la législature et convoquèrent une convention du peuple, incluant une représentation équilibrée et choisie par un électorat élargi.  Ils préparèrent une nouvelle constitution qui fut ratifiée en 1841.  Cependant, le gouvernement en place réussi à forcer le chef de la rébellion à l'exil.  Le gouvernement décida néanmoins d'écrire une constitution pour l'État.  Ce fut donc une période tumultueuse de l'évolution du Rhode Island.


La période de 1846 à 1865 sera marquée par la modernisation, les frictions sociales et politiques et des conflits.  La guerre avec le Mexique, que la majorité des Rhode-Islandais considérait comme une agression, fut suivi de la guerre de Sécession que ces derniers tentèrent énergiquement d'éviter ont été les principaux événements de cette époque.


Dans la deuxième moitié du 19e siècle, le Rhode Island s'est mis à l'heure des grandes tendances qui allaient marquées la phénoménale progression des États-Unis au 20e siècle, l'industrialisation, l'urbanisation et le pluralisme culturel.  Les industries principales du coton, de la laine, des métaux de base, des fonderies, des métaux précieux connurent une expansion très importante.  Sur le plan politique, la période fut marquée par la domination du Parti républicain (GOP).  Les Irlandais catholiques durent s'affirmer à maintes reprises pour protéger et développer leurs droits, dans une société surtout basée sur des assises religieuses protestantes.


Le Rhode Island est le plus petit des États américains et la densité est la deuxième au pays.  Sa Côte est son principal pôle d'attraction d'où son surnom d’État de l'Océan

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